Quantitative easing à l’Américaine (partie 2)

Dans la première partie de cette série consacrée au quantitative easing nous avons vu que le quantitative easing japonais n’avait pas vraiment eu les effets escomptés. Cependant, il ne faut pas se limiter à la seule analyse du Japon pour enterrer définitivement ce genre de mesure. Il est temps de s’intéresser à l’impacte du quantitative easing sur l’économie Américaine.

Le quantitative easing contre la banqueroute

Il y a eu 3 QE aux USA, le premier en 2008, le deuxième en 2010 et le troisième en 2012.

Le premier quantitative easing commence en novembre 2008, la banque Lehman Brother vient de faire faillite et met en évidence un risque systémique (la faillite d’une grande banque peut impacter les autres banques et l’économie réelle). La FED doit donc agire vite pour éviter cela. Elle va alors acheter pour 300 milliards de dollars de bon du tresor et 1450 milliards en dette bancaire et de MBS (Mortage-backed securities) qui sont des titres de créance hypothécaire. Cette politique permet le sauvetage de la société Fannie Mae et Fredddie Mac qui sont des institutions gouvernementales dont le but est de prêter et de garantir des prêts à d’autres institutions financières.

Ce premier quantitative easing a eu des effets bénéfiques sur la bourse comme le montre le graphique ci-dessous. On peut voir que le S&P500 a grimpé d’environ 45%.

S&P500

 

Enfin de l’inflation et de la croissance?

Les effets de ce premier quantitative easing ne sont pas aussi importants que ce qui était attendu, l’inflation reste trop faible et l’apport de liquidité ne semble pas se transmettre suffisamment à l’économie pour la stimuler.

Dans ce contexte, la FED décide de lancer son deuxième quantitative easing en novembre 2010 pour 600 milliards de dollar de rachat d’obligation du trésor. Ce qui n’a pas d’effet notable sur l’inflation ou la croissance. Le troisième QE est alors lancé pour un achat mensuel de 45 milliards d’obligations du trésor et 40 milliards de MBS.

Il est possible de résumer les 3 quantitatives easing avec les deux graphiques ci-dessous du site les-crises.fr.

croissance et QEinflation et QE

On ne peut pas dire que cette politique de quantitative easing a eu d’effet notable, en effet, concernant l’inflation, celle-ci est remonté pendant les deux premier QE alors que le troisième n’a eu aucun impacte sur l’inflation, au point d’avoir un taux d’inflation à 0.7% aujourd’hui aux Etats-Unis.

Un argument des défenseurs de cette politique est que la croissance est revenu au Etats-Unis, certes elle est revenu mais tourne autour de 2% ce qui est moindre que par le passé mais peut-on vraiment dire que c’est le QE qui en est responsable ?

Ce retour de la croissance est dû à une bonne demande intérieure américaine et surtout grâce à un déficit budgétaire qui est venu accroitre la dette comme le montre le graphique ci-dessous.

dette publique USA

Aujourd’hui les Etats-Unis ont un ratio dette/PIB de 102.98%.

Une baisse marquée du chômage

Un dernier point à prendre en compte est la baisse du chômage qui est quand même passé de presque 10% au début du deuxième quantitative easing à 4.9% aujourd’hui.

taux chomage USA

Il est important encore une fois de se pencher sur les détails. Si on se réfère au graphique ci-dessous, on peut voir que depuis 2008, soit le début de la politique de quantitative easing, le taux de participation à la population active est passé de 66% à 63% aujourd’hui. De début 2008 à avril 2015 c’est 13 000 000 d’américains qui sont sorties de la vie active pour une création de 780 000 emplois. Ainsi la baisse du chômage est surtout due à une sortie d’une partie de la population de la vie active et donc des statistiques plutôt qu’à une réelle création d’emploi.

taux participation vie active USA

De plus, les emplois créés ne sont pas forcément de bonne qualité au vu de la baisse du revenu médian.

revenu median USA

conclusion

Au vu des résultats du quantitative easing au Japon et aux USA, il est difficile de penser à la réussite de cette politique en Europe. L’allongement du quantitative easing par la BCE semble donc sans grande utilité pour redresser la situation. Dans la troisième partie nous verrons plus spécifiquement le cas de la zone Euro.

Quel est votre avis sur cette politique? Dites le moi en commentaire et n’hésitez pas à partager l’article et à me suivre sur facebook et twitter

Vous avez aimé cet article ?
"Téléchargez GRATUITEMENT le Kit du trader particulier "
Dans ce Kit vous trouverez un guide pour bien débuter ainsi qu'un journal de trading complet et un calculateur de taille de position

(Visited 245 times, 1 visits today)

Mathieu

4 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *